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Historique de la commune de Bouaké

LES ORIGINES DE BOUAKÉ

 

Bouaké est la deuxième grande ville de Côte d'Ivoire après Abidjan.

Sa croissance résulte de sa position géographique stratégique. Elle est située au centre, dans la vallée du Bandama, sur la voie ferrée Abidjan-Niger, à 350 km environ au nord d'Abidjan et à 100 km au nord est de Yamoussoukro. On l'appelle la capitale du centre et capitale des Baoulé. Sa population est estimée à 694841 habitants pour la ville et 1,5 million pour l'agglomération.

C'est la deuxième métropole en importance après Abidjan et la troisième commune la plus peuplée après Yopougon et Abobo. Elle est commune mixte depuis 1953, commune de moyen exercice depuis 1955 et commune de plein exercice depuis 1980. C'est la seule ville après Abidjan qui dispose d'un démembrement de la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne).

Bouaké appartient au V baoulé, zone de transition forêt-savane. Elle se caractérise par un climat tropical humide à deux saisons: une saison pluvieuse allant de mai à octobre et une saison sèche de novembre à mars. L’harmattan souffle entre décembre et février transportant du sable et desséchant tout sur son passage. La période la plus agréable reste la saison sèche: le ciel est bleu, l'air sec et les nuits plus fraîches.

Image 1 : Statue du vieux Gbèkè à bouaké

La température est assez constante, oscillant entre 24 et 34 degrés toute l'année.

Une vue panoramique prise depuis la tour de la poste, montre un relief plat, sans dénivellation. La ville, bien structurée, s'étend à perte de vue sur 2700 ha. À partir du rond-point du quartier Commerce, de façon circulaire, se déroulent une quinzaine de quartiers et une trentaine de sous-quartiers.

Fondé en 1865, Bouaké était à l'origine un petit village baoulé du nom de Gbèkèkro, signifiant «village de Gbèkè», en référence à Gossan Kwa Gbèkè qui le dirigeait. Le peuple qui l'habitait appartenait à la suite de la reine Abia Pokou. Il s'est établi en ce lieu après l'installation de la reine à Sakassou (ville située à 40 km de

Bouaké).

Au début du XX" siècle, Gbèkèkro devient Bouaké suite à un quiproquo entre les populations baoulé et l'administration coloniale.

Évolution de la ville

On sait peu de choses de l’histoire précoloniale de la région. Quelques vestiges trouves dans la zone de Sakassou et a l’entrée de Bouaké en venant d’Abidjan, laissent supposer une présence préhistorique dans la région. Des polissoirs ont en effet été identifies a cinq kilomètres de Sakassou sur l’axe Bouaké-Sakassou et quelques kilomètres avant le corridor sud. Aucune étude archéologique n’a encore été entreprise dans la zone.

Jusqu’au XVIII e siècle, la région était habitée principalement par les senoufo. C’est a partir du XIXe siècle que la migration baoulé atteint cette zone, repoussant les senoufo plus au nord. Les baoulé-Assabou, après avoir installe la reine Abla Pokou dans le Oualebo, prennent possession du site et contrôle toute la région.

Image 2 : Ville de Bouaké vue de haut

Gbèkèkro était aussi un important marche d’esclaves, ou les êtres  humains étaient échangés contre de la poudre a canon et du sel et ce, jusqu’a l’installation d’un poste militaire français en 1898 a l’orée du village. Il s’en est suivi une guerre entre français et baoulé de Gbèkèkro. Kouassi Blé qui avait succède à son père, est battu par l’armée française. Il abandonne Gbèkèkro et se retire à 12 kilomètres à l’est où il fonde en 1900, le village de Kouassiblekro, siège actuel de la grande chefferie Gossan de Bouaké.

Les troupes françaises, alors nouveaux maitres des lieux, entreprennent de l’organiser et de l’administrer : des 1900, ouverture de nouvelles liaisons dans la région, installation du premier bureau de poste en 1904, établissement des premières liaisons télégraphiques en 1907, en 1910, premier lotissement (Bouaké-Commerce) et en 1912, mise en place de la ligne de chemin de fer entre Dimbokro et Bouaké.

C’est le début de la croissance économique de la ville. L’administration coloniale s’y installe ainsi que les succursales des principales maisons de commerce chargées de drainer les produits agricoles vers le sud. Les principales usines de la ville ouvrent : Gonfreville en 1921 suivi de FILTISSAC, TRITURAF, SITAB, chargées de la transformation des produits agricoles.

De 1952 à 1966, la ville connait une forte croissance. Elle s’étend au nord et a l’ouest. Certaines localités comme Koko ou liberté sont transformées en lotissements.

Des localités périphériques intègrent la ville : il s’agit de Belleville, Broukro, Konankankro. Dans cette atmosphère d’expansion, d’importants travaux de voiries sont réalisés.

Jusqu’au début des années 80, Bouaké connait une croissance spatiale, démographique et économique extraordinaire. L’activité commerciale bat son plein et la ville est l’un des points d’attraction du pays et de la sous-région.

Les entreprises sont en pleine croissance et emploient une main d’oeuvre abondante. C’est la grande période du carnaval de

Bouaké, de la foire, de la piscine municipale et de son animation qui constitue autant d’attractions de la ville. De nouveaux quartiers naissent, fruits des travailleurs des différentes entreprises et du chemin de fer ; des lotissements nouveaux sont mis en oeuvre.

A partir de 1980, a l’instar de toute la Cote d’Ivoire, Bouaké tombe dans une léthargie qui va s’accentuant. Peu a peu les usines s’essoufflent, les investissements s’épuisent, les grands chantiers en cours sont suspendus, des licenciements frappent de plus en plus de monde.

Bouaké est certainement l’une des villes qui a le plus souffert de la crise sociopolitique qui a frappe la Cote d’Ivoire. De 2002 a 2007, elle devient le bastion des rebelles qui occupent la moitie nord du pays après l’échec de la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002. Bouaké devient alors le théâtre des combats qui opposent les forces gouvernementales aux rebelles. Des exécutions sommaires se multiplient de chaque cote ; des recrutements forces sont opères chez des adolescents de Bouaké pour intégrer les forces armées rebelles. On assiste aussi à des déplacements massifs de populations vers le sud, a des destructions et pillage des maisons et des entreprises. En 2004, les forces gouvernementales attaquent les positons rebelles a Bouake;

Image 3 : L''usine de Gonfreville à la sortie de Bouaké

Image 4 : L'interieur de l'usine de Gonfreville à la sortie de Bouaké

Bouaké n’est lors que l’ombre d’elle-même. Cette situation perdure jusqu’en juillet 2007 ou les accords politiques de Ouagadougou, symbolises par la flamme de la paix, donnent un nouveau départ a la réunification.

L’évolution de Bouake est interrompue durant toute cette période. Mais le retour à la normalisation depuis la fin de la crise postélectorale donne un nouveau souffle à la ville. La vie reprend peu à peu dans la cite, les institutions se mettent en place et un début d’effervescence économique et sociale voit le jour.

LE BON VIEUX TEMPS A BOUAKE

C'est avec beaucoup de nostalgie que ceux qui ont connu Bouaké dans les années 1970 en parlent. À cette époque, Bouaké connaissait une effervescence quasi hebdomadaire.

Chaque week-end, travailleurs de la région et cadres en provenance d'Abidjan et des principales villes de

Côte d'Ivoire se donnaient rendez- vous à Bouaké pour faire la fête. Autour de la piscine municipale, l'OFI (orchestre de la fraternité ivoirienne) qui était l'orchestre officiel de la ville, animait des soirées dansantes: cha-cha-cha, salsa, jerk ..., étaient au menu. Chacun «sortait ses phases», qui pour impressionner, qui pour se faire plaisir. La boisson et l'ambiance électrique faisaient oublier les soucis et divers tracas de la semaine.

Bouaké a vécu à ce rythme pendant plus d'une décennie avant de subir les effets de la crise économique que le pays a traversée à partir des années 1980 puis les effets de la guerre.

Beaucoup se remémorent encore le temps où Houphouët-Boigny recevait ses pairs au bord de la piscine, le temps où Bouaké faisait plus rêver qu'Abidjan.

Beaucoup pleurent encore l'époque du «Vieux DJIBO», le premier maire de la ville, son vrai bâtisseur. La ville a connu la guerre, des pillages, des braquages de banques, et l'occupation par les Forces Nouvelles. Elle en a souffert. De nombreuses personnes ont vu leurs domiciles occupés où leurs biens arrachés par des individus dont le seul droit était la force de leurs armes. Le «Grand Bahut», nom du lycée des jeunes filles, a été totalement saccagé.

Comme le dit le nouveau maire élu en avril 2013, Nicolas DJIBO, fils du «Vieux DJIBO» : Bouaké se reconstruit comme le reste du pays. Elle rêve de sa grandeur passée, de l'époque où toutes les communautés vivaient en paix dans la fraternité.

La visite du président de la République le 25 novembre 2013 dans la région du Gbèkè donne un coup d'envoi du retour de Bouaké dans le concert des villes qui veulent un développement assuré pour l'avenir. 36 km de route ont été réhabilités ou reprofiler. Bouaké est devenue une ville lumière où toutes les communes brillent la nuit. Le barrage d'Aloka a été renforcé, passant à 35 000 m3 par jour.

Les bâtiments de la préfecture, des résidences des autorités, des infrastructures sanitaires et scolaires, la construction de l'autoroute Yamoussoukro-Bouaké, de l'agence BCEAO, du grand marché (prévu pour 2014) n'ont pas échappé à cette cure de jouvence, le budget qui a été consacré lors de cette visite présidentielle

(27 milliards de FCFA dont 21 pour la ville de Bouaké) dépasse cinq fois le budget annuel de la ville. Pour le maire, Bouaké va devenir la capitale industrielle de l'anacarde avec le groupe OLHAM qui a déjà construit une unité de production de premier plan. Une deuxième usine voit le jour sur le site Fibaco par le groupe IPS. Une troisième usine sera construite sur la route de Katiola. De plus, avec la relance des activités du textile à Bouaké, berceau de ce secteur en Afrique, une zone franche du textile sera créée, ce qui augure de l'explosion de futurs emplois pour les populations.

Source : Fondation ATEF OMAÏS (Guide FATOM 2014) -- images (Fondation ATEF OMAÏS)

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